mardi 19 octobre 2010
Xème Baromètre mondial du vol dans le commerce et la distribution : les vols en magasin coûtent 4,7 milliards d'euros
Un an après la crise, les vols en magasin coûtent 4,7 milliards d'euros. Un manque à gagner qui pénalise les distributeurs et les consommateurs français.
Après le niveau record atteint en 2009, la démarque inconnue en France représente plus de 4,7 milliards d’euros de marchandises volées dans les magasins. Principal fait marquant : une recrudescence des vols à l’étalage en 2010, en partie compensée par une baisse des vols commis par le personnel, précise le Baromètre mondial du vol dans le commerce et la distribution (GRTB X).
Paris, le 19 octobre 2010
Checkpoint Systems présente les résultats du dixième Baromètre mondial du vol dans le commerce et la distribution réalisé par le Centre for Retail Research, la plus vaste enquête indépendante au monde sur la démarque inconnue, les délits commis et les pertes enregistrées dans le secteur. Il a été établi à partir des résultats communiqués pour les 12 mois (juillet 2009 – juin 2010) par 1 103 grands groupes de distribution dans 42 pays différents (Amérique du Nord, Amérique Latine, Europe, Asie Pacifique, Moyen-Orient & Afrique) et dont le chiffre d’affaires total est de 873,8 milliards de dollars américains, pour 233 721 magasins et boutiques.
Une facture annuelle de 4,7 milliards d’euros.
En Europe, la France arrive en 3ème position du Baromètre, en tant qu’un des plus grands contributeurs nationaux à la démarque inconnue, derrière le Royaume-Uni et l’Allemagne. Les vols dans les rayons des magasins ont coûté en 2010 près de 4,7 milliards d’euros aux distributeurs français, soit une amputation moyenne de 1,36 % du chiffre d’affaires du secteur.
200 euros par an, c’est ce que coûterait à chaque foyer français la criminalité dans les magasins, soit un « impôt » annuel de 81 euros par habitant.
Partout dans le monde, à l’exception du Brésil, la hausse de la démarque inconnue constatée en 2009 a été enrayée. La baisse la plus forte a été enregistrée en Inde (-15 %). A l’échelle mondiale, les taux de démarque inconnue les plus faibles ont été enregistrés à Taiwan (0,87 %), à Hong-Kong SAR (0,91 %) et en Autriche (0,97 %). Les pays les plus touchés, en dehors de la France, sont l'Inde (2,72 % des ventes du secteur), le Maroc et le Brésil (1,64 %).
En France, on note une recrudescence des vols à l’étalage, tentés ou commis. 31,4 % des distributeurs français estiment avoir subi une hausse du vol à l’étalage.
Le vol par les clients, qu’il soit occasionnel ou intentionnel, représente toujours la part la plus importante de la démarque inconnue (43,7 %), en hausse de 4 % par rapport à 2009. Les vols perpétrés par le personnel et ceux imputables aux fournisseurs ont baissé par rapport à l’an dernier (respectivement 30,6 % et 7,0 % du total contre 32,8 % et 7,6 % en 2009).
En Europe, le montant moyen volé par les voleurs à l’étalage s’élève à 113,97 euros, en hausse de 21 %, ce qui tend à prouver que le vol à l’étalage ne porte pas sur des produits de première nécessité, mais sur des articles de marque qui peuvent être revendus avec profit.
Le montant moyen volé par des membres du personnel s’élève à 1 760,17 euros, en baisse de 5,6 % par rapport à 2009, ce qui traduit la mise en place par les distributeurs européens de dispositifs de formation et d’embauche, ainsi qu’une implication du personnel en magasin sur le problème du vol.
Le Baromètre souligne cette année une augmentation du nombre d’interpellations. Sur plus de 3,3 millions d’arrestations en Europe en 2010 (+7 %), la grande majorité correspond à des vols à l’étalage ; 4 % seulement du total des vols ont été commis par le personnel. Ce résultat est radicalement différent de la situation en Amérique du Nord où 28 % des voleurs arrêtés sont des employés. L’Europe est championne du monde de la lutte contre le vol à l’étalage avec 3,2 millions d’arrestations en 2010, devant l’Amérique du Nord (1,7 millions).
Les produits onéreux en première ligne.
Vêtements en cuir, lames de rasoir, iPods et Smartphones, cosmétiques et lotions, spiritueux, DVD et jeux Wii... les articles les plus fréquemment volés restent des produits onéreux ou de marque connues, caractérisés pour la plupart d'entre eux par leur petite taille et pouvant être facilement revendus.
Trois familles de produits sont principalement concernées : le textile, l’alimentaire haut de gamme et santé/beauté/cosmétiques. Les taux moyens les plus élevés en Europe ont été relevés dans les magasins d’habillement/vêtements/mode et accessoires (1,79 %) et dans les magasins de proximité et d'alimentation (1,77 %).
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Pour l'habillement, les articles les plus volés concernent les accessoires de mode (4,02 % en 2010 vs. 3,62 %) et les vêtements pour enfants (2,76 % en 2010 vs. 2,17 %) dont les pertes sont en hausse par rapport à 2009. En troisième position arrivent les vêtements d’extérieur (2,41 %), tandis que la lingerie, un des segments les plus touchés en 2009, a connu une baisse significative, passant de 2,91 % à 1,98 % en 2010.
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En épicerie, la démarque la plus élevée concerne des produits alimentaires haut de gamme comme les plats cuisinés (3,10 %), le fromage (3,06 %) ou encore les confiseries et le chocolat (2,38 %, en hausse de 17 % par rapport à 2009). Les spiritueux en revanche ont connu une baisse significative du taux de vol, passant de 2,38 % à 1,97 % en 2010.
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En santé/beauté/cosmétiques, que ce soit dans les chaînes de magasins spécialisés, les pharmacies, les supermarchés ou encore les grands magasins, les articles les plus volés sont les produits de rasage (3,66 %), les parfums et eaux de toilette (2,74 %), ainsi que les rouges à lèvres, gloss et crayons à lèvres (2,46 %).
Hausse des investissements de sécurité : des distributeurs encore plus vigilants.
Jusqu’à présent, face à une augmentation continue de la démarque inconnue, on constatait depuis 2007 une baisse des investissements de sécurité par les distributeurs soucieux de limiter leurs dépenses. Cependant, en 2010, les distributeurs européens ont augmenté ces dépenses de 7,9 % (566 millions d’euros). En France, les distributeurs ont consacré cette année 0,39 % de leur chiffre d'affaires à la sécurité et à la lutte contre la démarque inconnue (contre 0,37 % en 2009), soit 1,353 milliards d'euros investis en équipements et personnel de sécurité, soit une augmentation des dépenses de 5 %.
L’enquête 2010 révèle que les distributeurs européens ont pris d’importantes mesures pour réduire la démarque inconnue, telles que la protection d’un pourcentage record d’articles, une meilleure formation du personnel et l’augmentation des audits de conformité :
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75 % des distributeurs européens ont mis en place des programmes d'audit en magasins afin de garantir la conformité avec leur politique en matière de lutte contre la démarque inconnue. Les efforts ont été accentués dans ce domaine : la proportion des distributeurs effectuant plus de 3 audits par an est passée de 45 % à 47 %.
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Déploiement de programmes de protections spécifiques en magasins : en moyenne, l’EAS (surveillance électronique des articles) protège 37,9 % des articles. Les solutions de merchandising sécurisé favorisant le libre emporter des articles les plus sensibles (boîtiers, cerclages alarmés, …) sont posées sur 17,2 % des articles (contre 15,2 % en 2009). Les distributeurs protègent davantage leurs produits : 68,6 % d’articles protégés en 2009 contre 71,7 % en 2010 (soit + 4,3 %). La protection à la source continue de progresser : 8,3 % contre 7,6 % en 2009.
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Un net renforcement de la formation du personnel chargé d’utiliser les systèmes antivol : une politique adoptée par 92 % des distributeurs (contre 69,3 % en 2009) et envisagée par 87 % (contre 78,1 % en 2009).
Conformément aux tendances révélées par l’enquête 2009, des grandes enseignes du secteur ont mis en place des stratégies efficaces pour protéger leur chiffre d’affaires : 32 % des distributeurs européens interrogés ont augmenté leurs dépenses en matériels et logiciels de prévention de la délinquance et 21 % celles en étiquettes EAS. 25 % d’entre eux ont utilisé davantage d’accessoires EAS réutilisables (boîtiers antivol, spider wrap, …).
Baromètre mondial du vol dans le commerce et la distribution 2010
disponible sur demande
À propos du Centre For Retail Research
La première édition du Baromètre mondial du vol dans le commerce et la distribution est l’œuvre du Professeur Joshua Bamfield, Directeur du Center for Retail Research (CRR), avec le soutien de Checkpoint Systems, Inc. Le CRR est une organisation indépendante spécialisée dans la recherche et le conseil pour le secteur du commerce et de la distribution, dont elle suit l’évolution, et qui s’intéresse plus particulièrement à la fraude et aux actes de criminalité. Il a effectué des études de fond sur le coût de la criminalité et sur l’utilisation de systèmes électroniques et informatisés destinés à combattre le vol à l’étalage et la fraude dans de nombreuses régions du monde. En savoir plus : www.retailresearch.org